Comment photographier en pose longue

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Vous pratiquez la photo depuis quelques temps et souhaitez vous mettre à la pose longue ? Vous avez raison. Car la photographie en pose longue ouvre des horizons de créativité infinis. Matériel requis, champs d’expression, mode d’emploi de la pose longue… faites une pause lecture : on vous dit tout.

Qu’est-ce qu’une pose longue en photo ?

Une pose longue est une prise de vue photographique, lors de laquelle le photographe utilise un temps de pose important. Le temps de pose est la durée pendant laquelle le diaphragme de l’appareil photo reste ouvert.

Temps de pose = laps de temps entre le clic et le clac de l’appareil photo.

Un long temps de pose expose de façon prolongée le capteur de l’appareil photo au sujet photographié. Cette exposition prolongée permet d’ajouter plusieurs effets photographiques à la palette créative du photographe. Parmi ces effets : filés de lumière, flous de mouvement, illumination de la nuit.

Que photographier en pose longue ?

Techniquement, tout. Mais certains sujets présentent beaucoup plus d’intérêt artistique que d’autres à être photographiés en pose longue. Voici les incontournables du genre, auxquels tout photographe intéressé par la pose longue a un jour envie de s’essayer.

La pose longue mer

Photographier la mer en pose longue, c’est lui donner un aspect vaporeux. Le va-et-vient des vagues pendant le temps de pose crée cet aspect flou, qui contraste avec la netteté des sujets immobiles. Un grand classique du genre, qui fonctionne de jour (voir la photo en tête de l’article) comme de nuit.

La pose longue rivière

L’eau est l’un des sujets les plus photographiés en pose longue. De la même façon que la mer, le cours des rivières, des torrents et cascades sont un appel pour le photographe, à les transformer en matière cotonneuses.

Photographie d'un torrent en pause longue.

La pose longue en paysage

Photographier un paysage en pose longue se fait souvent dans l’objectif d’en dramatiser le ciel. En effet, le temps de pose laisse aux nuages le temps de circuler, ce qui crée des effets de ciels tourmentés, avec des nuages effilés. La pose longue est également utilisée en photographie de paysage pour mettre en avant le mouvement des éléments qui s’y trouvent. Comme du vent qui secoue les arbres, ou comme ici, la rotation des ailes d’un moulin à vent.

La pose longue en architecture

Très utilisée par les photographes d’architecture professionnels et amateurs, la pose longue présente deux intérêts majeurs dans cette discipline. Un long temps de pose permet de flouter le ciel au point d’en faire disparaitre les nuages. Ainsi, la structure du bâtiment ressort parfaitement sur un arrière-plan lissé. La longueur du temps de pose permet également de faire disparaitre des surfaces vitrées du bâtiment, les éventuels reflets de nuages.

La pose longue urbaine

Tout bouge dans une ville. La photographie en pose longue urbaine permet de mettre en avant, de jour comme de nuit, son agitation. Par exemple, en réalisant des filés de lumière.

Filé de lumière de jour :

Filé de lumière de nuit :

La pose longue permet également de figer les sujets immobiles, et de les mettre en contraste avec un élément en mouvement, comme par exemple le piéton attendant à droite de ce manège.

Le milieu urbain est un extraordinaire territoire d’explorations pour le photographe. La pose longue permet de mettre l’accent sur la vie, et son mouvement.

Et également d’effacer toute trace de vie d’endroits sur-fréquentés, comme par exemple les pyramides du Louvre…

ou la passerelle du hub ferroviaire de Massy-Palaiseau.

La pose longue en astrophotographie

Un long temps d’exposition permet d’imprimer sur le capteur des points lumineux invisibles à l’oeil nu. C’est notamment le cas des étoiles, par une nuit dégagée. À certaines périodes de l’année, photographier le ciel nocturne en pose longue permet de mettre en évidence la voie lactée. (Comme ne l’illustre pas la photo suivante).

Le light painting

Le light painting est une discipline impliquant autant le photographe que le sujet dans la création de l’image. Il consiste, le temps d’un long temps de pose, à capturer les mouvements d’une source lumineuse. En l’occurrence, l’écran éclairé d’un smartphone.

L’explozoom

L’explozoom est une discipline photographique qui consiste à zoomer ou dézoomer pendant une pose longue. Cela permet d’obtenir des effets de filé à-partir de sources de lumière. Ici, les anneaux de Buren, à Nantes.

Quel matériel faut-il pour faire de la pose longue ?

Un appareil photo
Pour faire de la pose longue, il vous faut bien évidemment un appareil photo. Mais pas n’importe lequel. Il doit permettre de contrôler manuellement le temps d’exposition. Son objectif doit permettre qu’on y visse des filtres. Nous y reviendrons.

Une carte mémoire rapide
Et de bonne contenance. Les longs temps de pose sont gourmands en mémoire, autant en phase d’enregistrement qu’en phase de stockage.

Un trépied
Le trépied n’est théoriquement pas nécessaire pour photographier en pose longue. En effet, il est toujours possible de stabiliser son appareil photo en le posant sur un muret, sur le capot de la voiture, où vous voulez. Mais un trépied, c’est quand-même bien plus pratique pour choisir son point de vue et peaufiner son cadre comme on le souhaite. Il est donc quasiment indispensable.

Une télécommande
En pose longue, le rôle de la télécommande est d’actionner le déclenchement sans toucher à l’appareil, pour ne créer aucune vibration parasite. À défaut de télécommande, il est également possible d’utiliser le retardateur de l’appareil photo. Certains appareils photo peuvent également être déclenchés à l’aide d’un smartphone, qui fait office de télécommande.

Un chronomètre
Pour les temps de pose allant jusqu’à 30 secondes, vous pouvez vous en passer puisque l’appareil photo referme automatiquement l’obturateur à la fin du temps d’exposition sélectionné. Au-delà de 30 secondes, votre appareil passe en mode « bulb ». C’est-à-dire qu’après le déclenchement, le diaphragme reste ouvert tant que que vous n’actionnez pas manuellement sa fermeture. C’est pourquoi, pour respecter avec précision le temps de pose souhaité, vous avez besoin d’un chronomètre. L’usage d’un smartphone pour chronométrer est recommandé, puisque la nuit, son écran est parfaitement lisible.

Des filtres ND
ND signifie « Neutral Density ». Les filtres ND sont des filtres à densité neutre. La densité signifie le pouvoir de bloquer le passage d’une certaine quantité de lumière. Neutre signifie l’absence d’incidence sur la couleur de l’image.

Un filtre ND, c’est des lunettes de soleil non teintées, pour appareil photo.

Les filtres ND existent en différentes densités. En fonction des conditions de luminosité dans lesquelles vous vous trouvez et de la densité du filtre ND que vous utilisez, les temps d’exposition n’ont pas de limite.

Un filtre polarisant circulaire
Sert à obtenir des ciels d’un bleu profond, et à ôter les reflet des surfaces vitrées. Nous y reviendrons.

Un morceau de tissu noir
Idéalement en velours. À quoi sert-il ? À poser sur l’appareil pendant le temps de pose, de manière à ce qu’il empêche toute source de lumière de s’introduire par l’oeilleton de visée. Ce qui risquerait de voiler l’image avec de la lumière parasite.

Un sac en plastique transparent
Utile, en cas de pluie, pour photographier tout en protégeant votre boitier et votre objectif.

Un rouleau de ruban adhésif
Il servira à créer des repères pour caler votre filtre polarisant en bonne position.

Un papier et un crayon
Ils vous seront utiles pour noter les temps d’exposition sans filtre, afin de calculer les bons temps d’exposition avec filtre.

Un sac photo
Parce que la photo en pose longue se pratique rarement à la maison, il vous faut un bon sac pour transporter tout ça.

Quel appareil photo pour faire de la pose longue ?

Pour faire de la pose longue, votre appareil photo doit permettre :

  • La gestion manuelle des ISO
  • La gestion manuelle du temps d’exposition, jusqu’au mode « bulb » (mod bulb : ouverture et fermeture manuelle de l’obturateur)
  • La fixation de filtres sur l’objectif

Ces trois points éliminent les smartphones, les compacts et la plupart des bridges. Mais les appareils photo argentiques restent dans la course.

Un reflex argentique Yashika TL Electro X sur un trépied Manfrotto.

Pour faire de la photographie en pose longue, il vous faut :

  • Un reflex. Tous les reflex sur le marché font l’affaire, même les plus anciens. La marque ? Toutes.
  • Un hybride. Les appareils photo hybrides ont exactement les mêmes fonctionnalités que les reflex.
  • Un bridge expert, dans la mesure où il remplit les trois points du cahier des charges ci-dessus.

Le format ? Peu importe. Plein format, APS-C, 4×3… pour la pose longue, venez comme vous êtes.

Quel objectif utiliser pour la pose longue ?

N’importe quel objectif permet de faire de la pose longue. Le choix de l’objectif dépend uniquement du type de photo que vous souhaitez faire. Du grand-angle pour les paysages, au téléobjectif pour les sujets plus lointains, par exemple. Les focales fixes comme les zooms permettent de faire de la pose longue. Donc pour démarrer en pose longue, vous n’avez pas besoin de casser votre tirelire. Les objectifs que vous possédez déjà, par exemple, le zoom acheté en kit avec votre boitier, fera très bien l’affaire.

Photo d'un objectif Nikon AF NIKKOR 50mm F/1.8.

Quels filtres utiliser en pose longue ?

Faire de la pose longue sans filtre ND

La nuit
Pour faire de la pose longue la nuit, vous n’avez pas besoin de filtre. L’obscurité ambiante se charge de vous obliger à ralentir le temps de pose.

Pendant l’heure bleue
Il est possible de photographier en pose longue sans filtre pendant « l’heure bleue ». L’heure bleue est le moment qui commence dès que le soleil a disparu sous l’horizon, et qui finit quand il fait nuit noire. Ce laps de temps s’appelle l’heure bleue, mais en réalité il dure moins d’une heure. Pour faire de la pose longue sans filtre pendant l’heure bleue, il vous suffit de baisser au maximum la valeur iso de votre appareil photo. De nombreux reflex autorisent des valeurs comme 100 ou 50 ISO. En complément à cela, fermez franchement le diaphragme de votre objectif, par exemple à F/22. Si vous possédez un filtre polarisant, n’hésitez pas à le visser sur votre objectif : c’est tout de suite 3 stops de gagnés. Ces réglages, ajoutés à la semi-pénombre de l’heure bleue, vous permettent de photographier en pose longue sans filtre ND. Note importante : pour conserver une bonne qualité d’image, mieux vaut utiliser un filtre ND que de fermer l’objectif au maximum. En effet, les fermetures extrêmes engendrent des défauts optiques. Ceci étant dit, en attendant d’acquérir un filtre ND, vous pouvez toujours vous amuser avec cette méthode.

Incontournables pour la pose longue : les filtres ND 400 et ND 1000

Soyons franc. S’il existe sur le marché des filtres de nombreuses valeurs ND, seulement 2 vous serviront : le filtre ND 400 et le filtre ND 1000. Un filtre ND 400 vous permet de multiplier par 400 votre temps de pose. Un filtre ND 1000 vous permet de le multiplier par 1000. Si vous ne deviez en acheter qu’un, prenez le ND 1000. Également appelé « big stopper », le filtre ND 1000 est le plus efficace des filtres ND. C’est celui qui présente la plus forte densité. En plein jour, il est utile dans toutes les circonstances. Par exemple, les photos illustrant cet article réalisées avec un filtre, ont toutes été prises avec un ND 1000. Pour la totalité de votre carrière de pose-longuiste, mettez dans votre sac photo un ND 1000 et un ND 400. Avec ces 2 filtres ND, vous êtes paré pour quasiment tous les sujets.

Indispensable en architecture et en paysage : le filtre polarisant

En architecture, un filtre polarisant vous permettra de faire disparaître les reflets des surfaces vitrées. En paysage, il vous permettra d’obtenir des ciels d’un bleu profond. En pose longue diurne, le filtre polarisant s’utilise en complément d’un filtre ND.

Les filtres ND Grad, pour compléter l’équipement du photographe d’architecture ou de paysage

Un fitre ND grad est, comme son nom l’indique, est un filtre ND dégradé. La moitié supérieure du filtre stoppe une partie du passage de la lumière, tandis que la moitié inférieure la laisse passer. Cela sert à éviter les ciels surexposés en photo d’architecture ou de paysage, en pose longue de jour.

Comment faire une pose longue : mode d’emploi

Achtung : les opérations suivantes doivent impérativement être effectuées dans l’ordre.

Posez votre trépied

Après avoir déambulé pour trouver le meilleur point de vue sur votre sujet, posez votre trépied. Mais pas n’importe où. Choisissez un support stable. Si pour des raisons évidentes, la pose longue est impossible à faire sur un bateau, en voiture ou en avion, il en va de même pour des lieux en apparence moins mouvants. Comme par exemple, une passerelle, un ponton, ou un pont suspendu. La moindre oscillation, même imperceptible pour l’être humain, floute immanquablement vos photos.

Trépied = stabilité. À condition de poser le trépied sur une surface stable.

Prenons un exemple parisien : il est possible de faire de la pose longue dans de bonnes conditions en s’installant sur le pont Alexandre III. Mais il est impossible de faire de la pose longue dans des conditions correctes, en s’installant sur le pont des arts. L’un est un pont en pierre parfaitement immobile, l’autre est une passerelle en métal et planches, en vibration constante.

Fixez votre appareil photo sur le trépied

Vissez solidement l’attache rapide sur la semelle de votre appareil photo, puis enclanchez-la sur la rotule de votre trépied. Détail important pour l’équilibre de l’ensemble : l’un des trois pieds doit toujours se trouver dans l’axe de l’objectif de l’appareil photo. Surtout pour les objectifs longs ou lourds. Cela évitera à l’ensemble de basculer en avant. Par temps venteux, retirez la courroie de votre appareil photo, et la bandoulière de transport de votre trépied, si vous en avez une. Cela évitera au vent de s’engouffrer dedans, ce qui créerait des vibrations.

Faites votre cadre

Utilisez la rotule et la barre de réglage vertical de votre trépied pour régler votre cadre. Une fois votre cadre effectué, serrez bien tout ça, pour être sûr que rien ne bouge.

Effectuez la mise au point

Une fois votre cadre bien calé, effectuez la mise au point sur le plan qui vous intéresse. Pour cela, vous pouvez soit faire une mise au point automatique à l’aide de l’autofocus en sélectionnant le collimateur situé sur la bonne zone, soit faire le point manuellement, en tournant la bague de l’objectif. Une fois le point fait, désactivez l’autofocus, soit sur l’objectif, soit sur le boitier.

Désactivez la réduction de vibrations

Si votre objectif est équipé d’un système de réduction de vibration, désactivez-le. En effet, la réduction de vibration reproduit des vibrations inverses aux oscillations naturelles de la main. C’est très utile quand vous photographiez à main levée. Mais le laisser en fonction lorsqu’il est sur trépied, créerait des vibrations parasites.

Réglez les Iso

Désactivez la fonction ISO auto, et passez en ISO manuel. Si vous faites de la pose longue sans filtre à l’heure bleue, sélectionnez la valeur ISO la plus basse possible. Dans tous les autres cas, sélectionnez la valeur ISO native de votre appareil. La valeur ISO native est inscrite dans le manuel de votre appareil. C’est aussi celle que l’appareil propose quand vous le réinitialisez pour revenir aux réglages d’usine. En fonction des marques et des modèles, cette valeur est souvent de 100 ou 200 ISO. Pourquoi c’est important ? Parce que plus le temps de pose est long, plus le « bruit » parasite du capteur est amplifié. La sensibilité ISO native d’un appareil est celle qui produit le moins de bruit parasite.

Réglez votre diaphragme

Mettez votre appareil en mode manuel. Il s’agit du « M » sur la molette de sélection des modes de prise de vue. Puis, choisissez l’ouverture qui correspond à la profondeur de champ que vous souhaitez. Sur tous les reflex, vous pouvez vous servir du bouton-testeur de profondeur de champ. Sur appareils les plus récents à visée électronique, la profondeur de champ s’apprécie en temps réel en regardant dans le viseur.

Réglez la balance des blancs

Dans la plupart des cas, la laisser en mode automatique convient parfaitement. Mais si vous tenez à la régler manuellement, c’est le moment. Vous ne pourrez plus le faire une fois que vous aurez vissé un filtre ND sur l’objectif.

Réglez l’exposition en jouant sur la vitesse d’obturation

Les ISO et l’ouverture sont réglés une fois pour toutes et vous n’y toucherez plus. Le seul paramètre qui vous permette à présent de contrôler l’exposition, c’est la vitesse d’obturation. Pour le moment, aucun filtre n’est encore vissé sur votre objectif. Actionnez la molette de vitesse d’obturation, afin d’arriver à une exposition correcte, selon l’indicateur que vous pouvez voir dans votre viseur. Vous pouvez aussi prendre une photo-test pour vous assurer de la bonne exposition. Pour vous assurer qu’une photo est correctement exposée, n’hésitez pas à consulter l’histogramme. Notez le temps d’exposition sélectionné.

Installez votre filtre polarisant

Si vous utilisez un filtre polarisant, c’est lui qu’il faut visser en premier sur l’objectif. Car si vous vissez le filtre ND en premier, votre viseur sera tout noir et il vous sera impossible de régler le filtre polarisant. Une fois le filtre polarisant fermement vissé sur l’objectif, faites-en tourner la couronne pour atteindre le réglage souhaité. Lorsque vous visserez votre filtre ND sur le filtre polarisant, la couronne risque de tourner et vous perdrez votre réglage. C’est là que le rouleau de scotch intervient. Une fois votre filtre polarisant réglé sur la bonne position, collez-y deux petites bandes de scotch bien alignées. L’une sur l’armature du filtre, l’autre sur la couronne mobile. Ainsi, si vous perdez votre réglage, il vous suffira de faire coïncider les deux bandes de scotch pour le retrouver.

Vissez votre filtre ND

Vissez-le sur votre filtre polarisant. Pas besoin de trop serrer. Il n’en sera que plus facile à dévisser. Vous avez fait bouger le réglage du pola ? Qu’à-cela ne tienne : récupérez-le grâce aux scotches.

Passez en mode télécommande

Sélectionnez dans les menus de votre appareil le mode de déclenchement à distance par télécommande. Si vous n’avez pas de télécommande, mettez-vous en mode retardateur.

Calculez votre temps de pose théorique

Retrouvez la valeur que vous aviez notée sur un papier avant de visser les filtres. Le calcul est assez simple :

  • Si vous utilisez un filtre ND 1000, multipliez le temps de pose par 1000. Par exemple, si votre temps de pose sans filtre était de 1/100 s, votre temps de pose devient 10 secondes. Réglez alors la vitesse de votre boitier sur 10 secondes.
  • Si vous utilisez un filtre ND 400, multipliez votre temps de pose par 400. Soit par exemple un temps de pose de 4 secondes si votre temps de pose sans filtre était de 1/100 s. Réglez dans ce cas la vitesse de votre boitier sur 10 secondes.
  • Si vous utilisez un filtre polarisant en plus d’un filtre ND, multipliez par 3 le temps de pose obtenu. En effet, les filtres polarisants assombrissent l’image en moyenne de 3 stops. Soit des temps de pose de 30 secondes pour notre premier exemple avec le ND 1000, et 12 secondes pour l’exemple utilisant un ND 400.

À propos du mode bulb

Au-delà d’un temps d’exposition de 30 secondes, votre appareil photo passe en mode « bulb ». C’est-à-dire que la fermeture de l’obturateur ne se fera pas automatiquement. Ce sera à vous d’actionner une seconde fois la télécommande ou le déclencheur pour obtenir sa fermeture. C’est dans ce cas qu’intervient votre smartphone et son chronomètre. Il vous permettra d’être précis dans vos temps d’exposition.

Couvrez l’oeilleton de visée

Avant de déclencher, couvrez l’oeilleton de visée de votre appareil photo avec le morceau de tissu noir que vous aviez prévu dans votre sac. Veillez à le disposer de façon à ce qu’aucune lumière ne puisse s’introduire via l’oeilleton.

Déclenchez

Actionnez votre télécommande, ou le déclencheur sur retardateur.
Veillez à ne pas toucher l’appareil ni le trépied pendant le temps de pose. (Sauf si vous faites de l’explozoom, évidemment.) S’il y a du vent, utilisez la largeur de votre corps pour faire paravent au trépied durant le temps de pose.

Ajustez, recommencez

Il est fréquent que la vitesse d’obturation théorique ne donne pas le résultat souhaité sur le plan artistique. Réajustez la vitesse en fonction du résultat escompté, jusqu’à obtenir l’exposition que vous souhaitiez.

Pratiquez

Avec l’expérience, vous n’aurez plus besoin de faire de calculs pour choisir vos temps de pose. Le pifomètre remplacera avantageusement la calculatrice. Ce qui est bien plus agréable, et bien plus gratifiant.